A Georges, compagnon de peinture, ami de toujours

(Ce texte a été écrit dans l’intention d’être lu)

Dans un film réalisé par Coline et ses amies lycéennes, Georges tu déclarais:  » Je peins comme je voyage et je voyage comme je peins. »

Un voyage qui a commencé dès les bancs de l’école primaire où, au sein d’une classe Freinet, tu dessinais pour tes camarades et où ton instituteur remarqua vite tes aptitudes et ton talent.

Ton père et sa brutale intransigeance n’ont pas permis que tu pour suives ce chemin. Il faudra attendre les stages chez Franta puis le Petit Collège à Lyon pour que s’épanouissent en couleurs la liberté d’un geste jamais mièvre, toujours sincère et libre. Car c’est aussi cela le vrai voyage pictural, celui d’un besoin de liberté, de découvertes, d’expériences sans cesse renouvelées.

Du festival de jazz au jardin de Renoir, des paysages népalais aux mondes abstraits, des caricatures rapidement tracées sur une table d’exposition à celles envoyées aux amie/s, des cailloux collés dans l’atelier aux objets détournés, tout est témoin de cette pulsion créative, de ce besoin indispensable de la création prouvant ainsi que, depuis l’enfance jusqu’aux derniers mois, tu fus un artiste avec un grand A. Un artiste à l’image de l’homme: unique, généreux, simple et complexe à la fois, impétueux comme tes toiles, vif et léger comme tes encres, observateur et moqueur comme tes dessins, vivant comme le récit de tes aventures.

Et puis, bien sûr, comment ne pas parler de cette colère et de cette rage portées depuis l’enfance? Elles aussi ont nourri ton travail mais heureusement sans le détruire grâce à la force jamais éteinte de cet amour de la vie que tu retrouvais et donnais souvent à l’enfance comme aux gens autour de toi.

« Je n’ai pas peur de mourir me disais-tu, j’ai bien vécu. » Et c’est vrai qu’il beau Georges ton long voyage. Comme tes oeuvres, il reste le témoin de cette énergie inépuisable, puissante et pragmatique. Il est là; il nous fait et nous fera sans cesse cadeau de sa présence comme une trace immuable où les vibrations, les sensations, les émotions nous émerveillent et nous emportent ainsi que toi-même a pu le vivre.

A toi l’artiste avec un grand A, merci de nous avoir permis d’en avoir partagé les richesses et les beautés.

Simandres, le 10 février 2024