Je vous adresse cette lettre afin de répondre à votre dépit ou désarroi accompagnés d’un regrettable sentiment d’isolement trop souvent perçus dans vos écrits ou interventions. Je ne doute pas de votre motivation. C’est un paramètre nécessaire au suivi de travaux et recherches reposant sur une démarche rigoureuse associant évaluation, analyse, comparaison ou confrontation de nombreux résultats issus de faits observés, collectés, dénombrés. Je mesure alors le sentiment de solitude ou d’incompréhension lorsque vous vous trouvez face à l’indifférence, au déni voire au rejet de tout le travail issu de nombreux constats factuels. Mais comment peut-il en être autrement dans le contexte actuel? Sans parler tout d’abord des accusation récurrentes d’interprétations excessives ou erronées auxquelles vous devez faire face; en oubliant ensuite les rapports, souvent inconciliables, entre pensée ou action scientifique et politique puis en omettant sciemment la question des intérêts privés, j’ai envie d’apporter aujourd’hui une tout autre réponse à tous ces éprouvés qui minent votre quotidien.
Certes, toutes ces réalités existent mais je reviens à mon propos en vous parlant avant tout de sciences. Je compte alors sur un peu de votre indulgence car ce n’est pas vraiment le domaine dans lequel j’exerce. J’évoquerais donc prioritairement une science -que les autres soient rassurées, elles sont tout aussi importantes – qui me semble être au coeur de la problématique qui vous affecte.
Dans le grand domaine des sciences physiques, deux approches se sont longtemps opposées: celle d’Einstein qui considérait que la physique décrivait le monde grâce à la mesure de valeurs permettant un résultat bien défini tandis que celle de Bohr, père de la physique quantique, réfutait cette idée en affirmant qu’il n’y a pas de grandeur objective mais une propriété partagée permettant une lecture non pas descriptive mais interactive du monde où tout est en relation, même à des distances infinies.
Ainsi, si la théorie de la relativité avait déjà bouleversée les notions classiques de l’espace et du temps, la physique quantique allait encore plus loin en apportant une vision du monde où le principe de réalité obéit à des règles sans repères fixes et déterminables puisqu’ils obéissent à des résultats émis sous forme de probabilités. L’événement considéré échappe donc aux données classiques de l’espace et du temps où chaque événement peut être à la fois mesuré (vitesse/temps) et localisé (position/espace) et va même encore plus loin en obéissant au principe de l’intrication (relation non localisé de propriétés communes à deux particules séparées). Si l’on comprend intuitivement toutes les bases de cette différence, en mesure-t-on suffisamment les incidences?
Tout d’abord, la réalité du monde paraît finalement doublée par un aléatoire dynamique plutôt impalpable. Un monde interconnecté où tout est en relation au-delà des limites de l’Espace-Temps. Ainsi, il n’a toujours pas été établi le lien cette approche et celle d’Einstein qui réclamait une valeur permettant d’en décrire la logique: les fameuses variables cachées qui font que « Dieu ne joue pas aux dés ». A l’heure d’aujourd’hui, un siècle après l’irruption du quantique, sont les effets de cette absence?
Premièrement, dévalorisation de la réalité donc dévalorisation des faits aux profit d’une relation interconnectée décorrélée du factuel.
Deuxièmement, déni de la valeur des effets puisque le système reste toujours ,en partie, imprévisible et insaisissable. Surtout à long terme mais avec survalorisation des effets à court terme; un peu comme les ondes d’un caillou jeté à la surface de l’eau, qui suivent d’abord une cohérence immédiate de dispersion puis une décohérence. A ce stade, la notion de responsabilité est donc limitée voire même parfois complètement balayée: pourquoi s’en faire dans ce monde où, de toute façon, l’on est sûr de rien et surtout, où tout est possible? Ce type de raisonnement paraît certes bien primaire, mais n’est-il pas parfaitement adapté à une société basée de plus en plus sur le principe du profit et du plaisir individuels, de la pensée binaire et du virtuel? Il serait d’ailleurs intéressant de regrouper les travaux faits sur les incidences sociologiques des progrès liés aux nouvelles technologies fondées sur la relation, les mémoires et une grande quantité d’information de plus en plus virtuelles.
Je ne sais si l’écriture de cette analyse vous parait pertinente ou simplement l’occasion d’ouvrir une réflexion plus précise et aboutie, il me semble juste important de la poser indépendamment de toute théorie ou idéologie. Car oui, Bohr avait et a toujours raison: la physique quantique offre une vision du monde dont les principes sont justes. Mais ce dont je suis aujourd’hui certaine, c’est que dans un monde où tout est en relation, interconnecté, on ne peut plus se passer de répondre au besoin d’Einstein si l’on veut redonner de nouvelles couleurs à la réalité en lui accordant la place, la valeur et la cohérence harmonieuse qu’elle mérite. La nature en est un témoignage quotidien, inépuisable. Car, oui mes amis les scientifiques, il existe bien des variables cachées qui permettent d’aboutir à un et seul résultat précisément mesurable à partit des principes de la physique quantique. A condition d’intégrer le fait que les mesures doivent être établies à partir de valeurs qualitatives et non quantitatives qui ne doivent rien au hasard mais à la conservation des informations des événements dans l’Espace-Temps comme à la combinaison logique et unique de leurs effets. Ce sont elles, les Mémoires affects témoins directs de l’Intelligence Fondamentale qui donnent aux nombres cette valeur si particulière et rend possible leur nouvelle utilisation au-delà des limites de la vitesse de la lumière.
Ce seront donc elles qui permettront de comprendre la cohérence du monde dans sa beauté, sa permanence et sa dynamique d’évolution. En dehors d’elles, au niveau de connaissances et de complexité que nous atteignons, aucune intégration, lecture ou compréhension des faits vécus et observables ne peuvent désormais être faites. Ceci dans tous les domaines, qu’ils appartiennent au sciences exactes comme aux sciences humaines.
Ce seront également elles qui remettront l’être humain dans une posture d’humilité nécessaire au respect de son environnement, humain comme naturel. Elles permettront de poser une autre vision du monde et dans ce rapport totalement nouveau à la réalité, d’indiquer le sens et les valeurs nécessaires à toute existence.
Certains diront que je suis une douce rêveuse, que mon discours est faux, illégitime, approximatif, incompréhensible. Tant pis et, à la fois, tant mieux car celui qui bouscule les établis doit s’attendre à être rejeté en posant les coups dérangeants des premières fondations. Même de façon malhabile, je ne puis me taire; le triste état du monde ne me laisse plus le choix.
C’est pourquoi, avant de tourner la page après tant d’années d’études, je tiens à vous faire part de mes encouragements. Ne désespérez pas; ces crises ne doivent rien au hasard. Elles sont même nécessaires. Elles sont le point d’orgue, avant le point final, de l’exubérance donnée au quantitatif qui peine à intégrer les valeurs qualitatives présentes dans la logique fondamentale au sein de toute chose. Au coeur des bouleversements de tous ordres, de grands changements sont donc en cours et de nombreux défis vous attendent. Certes, il faudra encore du temps mais rien n’arrêtera ce mouvement; l’essentiel est de comprendre ce qui se passe au présent sans se laisser abattre par le désespoir de l’inéluctable.
Bien à vous
DT